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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 08:13

 

  Henri IV ( 13 décembre 1553 - 14 mai 1610)

 

Au mois de mai 1610, Henri IV s'apprêtait à envahir les Flandres pour les libérer de l'occupation espagnole . Cela faisait partie du Grand Dessein qu'il avait d'abattre la super puissance qu'était alors l'Espagne, maîtresse de la Maison d'Autriche . Ce grand  Dessein, il n'eut pas le temps de l'exécuter ; le 14 mai, il sortit du Louvre pour rendre visite à son ministre et ami Sully . Il prit place sur la banquette du fond d'un vaste carrosse, avec quatre de ses officiers, deux à sa droite, deux à sa gauche . Parmi ceux-ci, le duc d'Epernon . Il demanda qu'on levât les rideaux de cuir, car il voulait voir les préparatifs qui se faisaient pour l'entrée solennelle à Paris de sa femme, Marie de Medicis, sacrée reine la veille, à Saint-Denis . Comme la voiture s'engageait dans l'étroite rue de la Ferronnerie, il se trouva qu'une charrette de foin croisait un chariot rempli de barriques de vin . Le carrosse royal dut s'arrêter . C'est alors qu'un géant à la barbe rousse, mêlé aux passants, surgit, un couteau à la main, et frappa le roi deux fois . Le second coup, qui atteignit l'aorte et trancha la veine cave, fut mortel . Le hasard voulut que ce meurtre eut lieu à la hauteur d'une boutique dont l'enseigne représentait un coeur couronné percé d'une flèche .

Des historiens amateurs ont été frappés de la similitude entre cet assassinat et celui du président John Kennedy . Dans les deux cas, beaucoup de gens s'attendaient à l'assassinat . Comme si l'opinion publique, selon les termes de Philippe Ertanger, avait été " habilement travaillée" : "un bruit courait les églises et les casernes de la capitale : "Le tueur du roi est ici, c'est un grand diable d'homme puissant et gros de membres, le poil tirant sur le roux, vêtu de vert à la flamande ." Onze jours avant la mort d'Henri IV, un  courrier avait annoncé à la ville de Cambrai que le roi de France venait d'être tué de deux coups de couteau, et les couvents de Flandres et de Picardie reçurent des avis semblables .

Le roi lui-même croyait  à sa mort imminente . Comme Kennedy, il en avait eu le pressentiment, et sa femme aussi, qui l'avait vu mort en songe et le lui avait raconté . Si l'on en vient à la personnalité de l'assassin, la similitude entre Ravaillac et Oswald saute aux yeux . L'un et l'autre étaient des débiles mentaux, l'un et l'autre ont prétendu avoir agi seul, l'un et l'autre étaient de ces fanatiques qu'il est aisé de manipuler à leur insu . Bref, l'assassinat d'Henri IV préfigure celui de Kennedy .

LA HAINE DES HUGUENOTS

François Ravaillac était né en 1578 à Angoulême, ville alors catholique mais entourée, et comme assiégée, par sa campagne, qui était protestante . Son père, un ivrogne, disparut en laissant sa famille dans la misère alors que l'enfant avait onze ou douze ans . Deux oncles, chanoines, lui apprirent à écrire et lui inculquèrent la haine des huguenots et de leur chef, Henri .

Ravaillac, devenu clerc de notaire, vint exercer son métier à Paris, réussit mal, retourna à Angoulême où on lui confia la mission de catéchiser quatre-vingt enfants . Mal payé, il fit des dettes et connut la prison . Là, il eut des visions . Ce n'était pas la première fois . D'après la confession qu'il fit lors de son procès, très tôt il s'était attaché "à la contemplation des secrets de la Providence éternelle dont il avait de fréquentes révélations, tant en dormant qu'en veillant ." Ces visions s'accompagnent de migraine et de fièvre . Il n'y a pas à s'y tromper : c'était un malade mental, et ainsi en fut-il jugé au monastère des Feuillants où il tenta de se faire admettre . Au bout de cinq semaines, on le tint pour un visionnaire et on le renvoya .

Il est difficile de savoir quand Ravaillac forma le projet de tuer le roi . Ce qui est certain, c'est qu'à plusieurs reprises, il s'accusa en confession d'"homicide par intention" . Certain aussi qu'il tenta plusieurs fois d'approcher le roi . Il arriva même qu'un fois, où il s'était fait arrêter en plein Louvre, il fut relâché sur l'ordre d'Henri IV, qui refusa de le faire enfermer . Chose curieuse, cet homme, qui s'accusait d'homicide par intention, n'était armé ni cette fois-là ni les précédentes . Or, voici qu'un jour, en pénétrant dans une auberge, il aperçoit un couteau et s'en empare .

LA POINTE DU COUTEAU

Comme ce couteau est branlant, il y fait mettre un manche neuf . Pendant des mois, il le traîne avec lui...mais comme à regret, il est tenté de le jeter . Finalement, il transige et, en passant devant une ferme, il brise la pointe de la lame en l'introduisant dans l'essieu d'une charrette . Un peu plus tard, à la suite d'une nouvelle vision, il reforme une pointe à l'aide d'une pierre . Cette fois, quand, de nouveau, il trouve l'occasion d'approcher le roi, il est armé .

Cest au duc d'Epernon, gouverneur d'Angoulême, que Ravaillac dut de n'être pas tué sur le champ . Tout se passe comme si d'Epernon avait voulu qu'il y eût procès . Ce qui a fait penser que d'Epernon était l'instigateur d'un complot qui n'aboutit pas parce que le hasard fit que Ravaillac intervint . On comprendrait alors que d'Epernon ait eu intérêt à ce que l'attention restât fixée sur Ravaillac et lui seul .

Celui-ci, torturé, et finalement condamné à un supplice effroyable, nia toujours qu'il eût participé à un complot . Comme on lui refusait l'absolution à moins qu'il dénonçât ses complices, il demanda qu'elle lui fût accordée sous condition . Et c'est ainsi qu'il mourut : absous, mais, à plus forte raison, certain d'aller en enfer s'il avait menti .

 

LE DESTIN DU PROCUREUR

 

Avant Ravaillac, plusieurs détraqués, parmi lesquels deux moines fanatisés, avaient déjà tenté d'assassiner Henri IV, mais, chaque fois, sa police avait pu intervenir à temps . Dans le cas de Ravaillac, on s'explique d'autant moins qu'elle ne soit pas intervenue, que le personnage et ses intentions étaient apparemment connus de nombreuses personnes .

Mais tout est étrange dans l'affaire Ravaillac . Ainsi, le hasard voulut que le procureur chargé d'instruire son procès, et qui le fit torturer malgré ses aveux, fut M. de La Guesie .

Or, il était arrivé à celui-ci une aventure dont le souvenir ne l'inclinait pas à l'indulgence . Un jour qu'il revenait de sa maison de campagne, proche de Saint-Cloud, il avait pris en croupe un pauvre moine qui cheminait vers Paris, l'avait amené jusqu'auprès du roi, qui était alors Henri III . Le moine, qui s'appelait Jacques Clément, avait soudain tiré un couteau de sa manche et éventré Henri III sous les yeux de M. de La Guesie .  

 

 

Jean Maquet (vieux Télé7jours)

 

Si vous voulez écouter une musique d'époque cliquer sur le lien ci-dessous :

  link (Danceries françaises du 16ème siècle)

 

 

intaille : [ Henri IV, buste de profil, avec couronne de laurier et armure ]

intaille : [ Henri IV, buste de profil, avec couronne de laurier et armure ] - 1

 

 

 

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Published by charlene59 - dans histoire
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commentaires

mitokola 25/04/2010 09:42


Un roi bien sympathique du moins tel qu'il est décrit dans les livres d'histoire... ce n'est peut-être pas tout à fait exact... mais c'est vrai qu'il a été capable de grandes choses...
bon dimanche
bisous


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